Renseignements téléphoniques : À n’y rien comprendre

14 mars 2006 | 118 000, 118 318, 118 710, Associations, Critique, Dans la presse, France Telecom, Le Numéro, Telegate France | 2 commentaires

Alors que le « 12 » n’a plus qu’une trentaine de jours à vivre, les nouveaux services de renseignements en « 118 » peinent à être crédibles aux yeux des consommateurs. Matraquage publicitaire, offres de services confuses et tarifs peu clairs retardent la mise en place d’une saine concurrence.

Gymnastes kitsch, éphèbes huilés ou encore pictogrammes numériques… Aujourd’hui, difficile d’échapper au matraquage publicitaire des nouveaux opérateurs des renseignements. Mais alors que 27 annuairistes et opérateurs de téléphonie essayent de se partager le marché, à grand renfort de publicités souvent peu explicites sur les offres, l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) fait une première « victime » chez les 118 !

L’autorité de régulation a décidé de reprendre le 118 866 à la société Renseignement téléphonique français, car la filiale du groupe espagnol BigWorld n’a pas payé sa redevance annuelle de 40 000 euros.

À peine un mois avant la disparition du service universel de renseignement, le « 12 », les rouages de la machine 118 continuent donc de se gripper. Selon l’Arcep, sur les deux derniers mois de 2005, les 118 auraient reçu seulement 9,02 % des 37,5 millions d’appels passés vers l’ensemble des services de renseignements. Les « 12 », « 222 », « 3200 », « 3211 », »3912 », « 612 » et « 712 » ont géré les 90,98 % « restants ».

Si aujourd’hui les nouveaux services de renseignements sont largement boudés par les usagers, ce n’est pas faute de notoriété, mais surtout en raison du manque de clarté de leur offre ! D’une part, l’offre de base s’est élargie à l’extrême (mise en relation, envoi d’un SMS, recherche inversée, envoi de plans par MMS, informations météo ou trafic…). D’autre part, le prix moyen d’un appel a augmenté. Selon une récente étude TNS Sofres pour l’Acsel (Association pour le commerce et les services en ligne) sur l’ensemble des appels émis, tant depuis des fixes que des mobiles, l’usager débourse désormais 1,08 euro pour un renseignement via un « 118 », alors qu’il payait 1,05 euro, en octobre 2005, avec le « 12 ». Mais les écarts de prix sont considérables, de 0,56 euro l’appel à partir du 118 710 (France Télécom) à 1,35 euro à partir du 118 318 (société Le Numéro) quand on appelle d’un téléphone fixe (source : Arcep). Autre aberration, en appelant le même numéro de renseignements téléphoniques mais à partir d’un opérateur différent, les prix varient de manière significative. Par exemple en appelant le 118 000 (société SAS), il faudra payer 0,96 euro la minute à partir d’un poste fixe, 1,35 euro l’appel + 0,34 euro la minute à partir de l’opérateur Orange, 1,10 euro l’appel + 0,10 euro la minute pour SFR et 1,12 euro l’appel + 0,225 euro la minute pour Bouygues Télécom !

Il est donc difficile pour l’usager de distinguer les prestataires prompts à fournir un accès aux renseignements de qualité et au meilleur prix de ceux qui ont investi 40 000 euros pour se contenter de faire de l’argent sur les services. Pourtant, dès le 3 avril, les consommateurs devront trancher entre plusieurs services sans disposer des éléments indispensables pour choisir. La solution n’est donc pas de supprimer définitivement un service de base universel, mais de laisser le « 12 » vivre, jusqu’à ce que la concurrence se soit totalement établie et que le marché se soit assaini. La mise en place de numéros « 118 » dédiés à la seule délivrance de renseignements téléphoniques de base est aussi une alternative possible.

Source : UFC Que Choisir

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Les nouveaux renseignements téléphoniques au banc d’essai

1 février 2006 | 118 000, 118 001, 118 007, 118 075, 118 318, 118 710, 118 711, 118 713, Allô Bottin, Baromètre 118, Critique, Dans la presse, France Telecom, Intra Call Center, Le Numéro, Telegate France | Commentaires fermés sur Les nouveaux renseignements téléphoniques au banc d’essai

Test des numéros 118 : cette fois-ci c’est Le Monde qui relate de nouveaux essais toujours aussi peu encourageants, soulignant une offre désordonnée et des coûts de communication élevés.

Six chiffres à la place du 12 : dès le 3 avril, les numéros d’appel des renseignements téléphoniques commenceront par 118.La plupart fonctionnent déjà. Huit opérateurs, français ou étrangers, ont acquitté un droit d’entrée de 40 000 euros annuels par numéro pour investir ce marché de 270 millions d’appels par an.

Les services du 118 utilisent les bases de données de l’ensemble des opérateurs de téléphonie fixe ou mobile, notamment celle de France Télécom. Ils y ajoutent les informations supplémentaires qu’ils proposent (localisation des stations de métro, cinémas, pharmacies de garde…). Les services annexes (mise en relation avec le correspondant, annuaire inversé, renseignements internationaux) sont inclus dans le prix de l’appel ou taxés en supplément.

A chacun de ces services, nous avons posé la même question, à partir d’un téléphone fixe :  » Quelle est la station-service la plus proche du Monde, boulevard Blanqui dans le 13 e arrondissement de Paris, ouverte le soir ? » Un seul a été capable de nous indiquer cette station Esso qui existe réellement mais ne figure ni dans les annuaires France Télécom ni dans les Pages jaunes. Les autres nous ont communiqué plusieurs adresses dans le quartier, plus rarement les horaires d’ouverture.

Au 12, un agent nous a donné deux adresses en 54 secondes, pour 90 centimes. Au 118 000 (société allemande SAS Telegate), l’opératrice n’a d’abord trouvé qu’une seule station ; puis, au bout de 4 min 48, elle en a ajouté neuf, le tout pour 3,84 euros. L’opératrice du 118 001 (Intra Call Center, société Fonecta) nous a donné trois stations Total. Pour obtenir plus, il faut rappeler, le nombre de renseignements étant limité à trois pour 1,12 euro. « Nous sommes une entreprise, et nous devons facturer de nombreux appels« , précise-t-elle, en se laissant soutirer une seule adresse Esso, alors qu’il y en plusieurs dans l’arrondissement.

En fait, les opérateurs ont mis en place trois systèmes de tarification. Lorsque la communication est facturée à la minute, le nombre de renseignements n’est pas restreint car cela permet de prolonger la communication. Quand le montant de l’appel est forfaitaire, le nombre de renseignements est limité. La plupart pratiquent une tarification « mixte » : après la première minute, la communication est décomptée à la seconde, ou par paliers de 7 secondes (au 118 000, SAS Telegate), ou de 30 secondes (au 118 007, Allô Bottin).

TEMPS DE RÉPONSE VARIÉS

Un même opérateur peut appliquer des tarifs différents sur ses divers numéros. C’est le cas de la société Le Numéro (filiale du britannique The Number), qui truste sept indicatifs. Chacun d’eux peut fournir les horaires d’ouverture des stations-service. Le temps de réponse a varié de 1 min 40 pour quatre adresses, à 1 min 51 pour… deux adresses. Seul le 118 075, dont la base de données a été réalisé en partenariat avec le quotidien Le Parisien, a réussi à indiquer la station-service du boulevard Blanqui en 2 min 24, pour 1,34 euro (1,12 euro l’appel + 11 centimes la minute, décomptée dès la première seconde).

La célérité des téléopérateurs, pour la plupart délocalisés en province ou à l’étranger, dépend de leur habileté à interroger les bases de données ; par exemple penser à consulter la rubrique « mairie » si on leur demande le numéro d’une déchetterie ou d’une piscine municipale. Dans ce domaine, France Télécom possède une avance certaine.

Parmi les services annexes, la mise en relation avec le numéro demandé est gratuite, excepté pour le 118 711 de France Télécom, qui facture 15 centimes. En revanche, il faut se montrer vigilant sur le coût de la communication après la mise en relation, facturée 22 centimes la minute par Telegate au 118 000 et 34 centimes la minute par Le Numéro au 118 318.

Les tarifs sont plus élevés à partir d’un téléphone mobile que d’un téléphone fixe. En effet, le prix comprend trois composantes : le forfait de base (de 99 centimes à 1,12 euro par appel), auquel s’ajoute un montant à la minute (de 15 à 34 centimes), ainsi que le coût d’une communication mobile déductible du forfait.

Enfin, deux numéros offrent un service minimal, au tarif de 56 centimes l’appel. Entièrement automatisé, le 118 710 (France Télécom) oblige à un pénible jeu de questions-réponses : « Avez-vous dit Paris ? répondez par oui ou non. » A l’énoncé du mot « station-service« , il faudra à l’automate trois questions pour cibler la requête : « Avez-vous dit stations de radio ? Agence du CIC ? Station-service ? » Les cinq réponses concernent exclusivement des stations Total, et le robot affirme qu' »il n’y a pas d’autre station-service dans le 13 e arrondissement« . Seule consolation, la communication ne vous sera pas facturée si vous n’avez pas obtenu votre renseignement. Au 118 713 (Le Numéro), les opératrices ont visiblement reçu une formation minimale. La nôtre, après avoir annoncé qu’il n’y a aucune station-service ouverte le soir, a fini par trouver sept adresses en 4 min 44.

Cette offre désordonnée risque d’entraîner un ajustement progressif du marché, comme en Grande-Bretagne, où deux opérateurs (The Number et British Telecom) trustent désormais 80 % des appels.

Source : Le Monde

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